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Vivre le deuil - un cheminement qui prend du temps

Vous venez de perdre quelqu’un que vous aimez et depuis, c’est le chaos… Nous sommes tous touchés par la disparition d’un être cher et nous nous retrouvons seuls. Si les cadres de la société et de la religion ont longtemps proposé – voire imposé – des rites qui avaient pour but d’accompagner l’endeuillé dans un cheminement collectif et personnel, la situation a radicalement changé. Aujourd’hui, la souffrance de l’absence, psychologisée et médicalisée, relève d’un soin qui a pour objectif d’en faire disparaître les symptômes les plus perturbants pour l’individu et pour la société. Quand nous nous blessons physiquement, notre organisme a l’intelligence spontanée de mettre en route un processus de cicatrisation de la plaie physique. Ce processus naturel nous protège des agressions extérieures et répare les tissus lésés. Il en va de même quand on perd quelqu’un qu’on aime : notre esprit a, lui aussi, une intelligence spontanée qui met en route un processus de cicatrisation de la plaie psychique que représente la perte de l’être aimé. C’est ce qu’on appelle le « processus de deuil » : ce processus est naturel et il nous est absolument nécessaire, si nous voulons restaurer notre équilibre intérieur et ne pas nous effondrer psychologiquement. C’est une protection qui nous permet de survivre au traumatisme violent de la disparition. Il faut bien comprendre que la mise en route du processus de deuil ne relève pas d’une décision de notre part : elle est inconsciente, automatique et immédiate après la perte de la personne aimée. Cependant, comprendre ce processus ne va pas annuler votre douleur. Néanmoins, quand vous reconnaissez la signification réelle du processus de deuil, vous reprenez progressivement le contrôle de votre vie car vous savez qu’il existe une lumière au bout du tunnel. Vous n’avancez plus dans le noir : vous savez qu’il y a une cohérence et une direction dans ce que vous êtes en train de vivre, même si, parfois, vous avez l’impression d’être perdu(e), à tout jamais, dans la tempête… Bien vivre ce manque, faire son deuil, c'est avant tout accepter et vivre cette souffrance qui nous accable. Ne pas la renier, mais la ressentir, sans la fuir, pour avancer avec elle et doucement s'en émanciper. Partager en vue d'accepter. Il est inutile de se muer dans un silence et d'ainsi garder pour soi tant de douleur éprouvée. C'est pourquoi il est conseillé de s'entourer, d'autant plus si vous ressentez le besoin de parler. Tout deuil n'implique pas l'oubli, bien au contraire. Évoquer le passé, les bons moments peut être une manière de se décharger de toute cette peine qui pèse lourd sur vos épaules.